Je n’aime pas cette mère que tu es. Voilà c’est dit. Oui je sais, je suis exigeante, perfectionniste, un peu la tête dans les nuages, dans un idéal. Je suis de la génération des super héros et Wonder Woman ne doit pas être étrangère à l’affaire. Vraiment ? Il n’y a pas que cela.

Il y a ces moments de malaise, tu sais, quand on sait qu’on agit envers et contre nos valeurs mais que les agissements et le verbe sortent tout seuls comme un poison.

Il y a la société, cette pression sociale à l’uniformisation qui pointe tes lacunes maternelles… je pense que certains pointent ces lacunes pour fermer plus facilement les yeux sur les leurs.

Mais c’est vrai qu’il y a aussi ces moments de grâce, sans tourments, apaisés où la mère que je vois est celle que je veux. Je le sais tu veux changer et depuis tant d’années. Je sais que tu as évolué en mieux… mais quand je vois les tourments de ta progéniture, j’ai envie d’être violente envers toi… et parfois je me dis « à quoi bon ? ». Les réflexes ont la vie dure et ton cuir est tanné, pas encore usé c’est vrai. Mais tu as perdu l’innocence de la jeunesse à présent. L’insouciance aussi.

Il y a aussi ces moments presque absurdes où tu rêves de leur faire connaître, vivre ton enfance pour qu’ils voient comme elle était belle.

Moins de jouets, pas de vacances mais de la nature, des animaux, de la patience parentale en barre. Pourquoi n’as-tu pas su transmettre complètement tout ça ?

Et tu oscilles entre enthousiasme des lectures, apaisement de la méditation et tu les retrouves plein de bonne volonté… puis leurs pleurs, la fatigue, le quotidien, les milles demandes à gérer, les soucis, tout ça te retombe dessus et ta patience, la bonne volonté finissent par s’envoler…

Puis c’est la soirée à ruminer, à s’en vouloir de ne pas avoir assez de volonté pour tout appliquer tes idées, tes beaux rêves de maternité parfaite.

Je ne sais pas quoi te dire pour ces soirs de down. Peut-être te dire que si le plaisir était plus de ton quotidien, si tu renouais avec tes rêves à toi, faire revivre la petite fille en toi, ça irait mieux. Si tu lâchais du leste aussi… tu ne peux pas être Wonder Woman, super entrepreneuse, super Bree Van de Kamp, super cuisinière et super aidante… et tes enfants ne peuvent pas être des gamins de magazine, immobiles et sans vie, ni ces enfants soi-disants parfaits des copines…

Retrouve de la bienveillance envers toi-même et tu en auras envers les autres, beaucoup plus

Un message personnel aussi à ceux qui m’entourent : je ne suis qu’une femme tout simplement… eh oui, ce message m’est adressé…

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Ceci est ma participation au rdv Un défi ou un écrit en 2016 pour Agoaye

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