wonderdog

J’aurais pu appeler ce billet « chronique d’une mort annoncée ». Ma WonderDog nous a quittés le 29 juillet dernier et encore ce jour, mes yeux me piquent. Ce fut la première confrontation de mes enfants avec la mort.

Jusqu’en mai dernier, le sujet n’avait quasiment jamais été évoqué, même si, le jour des 16 ans de WonderDog, j’avais souligné que c’était vieux pour un chien. Les enfants ne s’étaient pas retourné sur ma phrase, elle était encore tellement jouette avec eux, ils jouaient au ballon avec elle et aucun de nos invités n’imaginaient son âge.

Mais en mai dernier, WonderDog était rattrapée par l’âge, la maladie.

Parler de la mort quand c’est prévisible , oui ou non ?

J’ai pris le parti de leur en parler. Parce que je t’avoue, le matin où j’ai pris rendez-vous chez le véto, je n’en menais pas large. J’avais peur qu’au soir, je doive annoncer aux enfants une mauvaise nouvelle, qu’elle n’était plus là.

La veille je m’étais rendue compte que son ventre était devenue énorme et qu’une boule se situait près d’une mamelle.

J’ai pris des gants, des pincettes pour leur expliquer que j’allais l’emmener chez le véto, je leur ai dit son problème et que peut-être elle ne serait plus là au soir. Mes derniers n’ont pas trop réagi. Ce fut une autre chanson avec mon grand de presque 9 ans.

Évoquer l’euthanasie

J’ai pris le parti de l’honnêteté avec lui. Quand il m’a demandé clairement pourquoi elle pourrait être morte dans la journée, je lui ai répondu avec franchise qu’on peut aider les animaux de compagnie à ne pas souffrir inutilement par le biais d’une piqûre.

Ce fut alors la révolte, la colère de mon fils, ma peine qui me serrait le cœur : « tu veux la faire tuer ? ». Je lui ai bien expliqué que c’était le vétérinaire qui prendrait la décision mais effectivement si un jour il devait me dire qu’elle souffrait trop, qu’elle ne pourrait pas guérir, je ne la laisserai pas souffrir inutilement. Il est parti plein de colère à l’école.

Je suis allée chez le vétérinaire, qui a fait une grande prise de sang parce qu’effectivement, ce n’était pas bon. J’y suis retournée l’après-midi avec elle, sans savoir si elle reviendrait avec moi. Tumeur de la mamelle et maladie de Cushing supposée mais il faudrait des examens supplémentaires qu’elle me déconseillait d’entreprendre car pour elle, WonderDog ne supporterait pas le traitement et qu’elle était condamné de par sa tumeur. Nous sommes reparties après une piqûre pour soulager son oedème au ventre, qui reviendrait et un traitement pour son énurésie.

A la sortie d’école WonderBoy m’a posé la question de la survie de notre chienne. Il était rassuré et moi je me suis dit que je n’avais pas été bien maligne, je l’avais inquiété, mis en colère alors que WonderDog n’était pas encore à la fin. Mais plus très loin.

Vivre l’agonie

Nous avons encore eu des conversations à ce sujet avec lui. Il voulait savoir si nous, humains, pouvions être euthanasiés, même sans notre accord. Il voulait savoir si ça avait été le cas pour mon père et ma belle-mère. Je lui ai dit que c’était considéré comme un meurtre. Sa révolte a repris de plus belle, il m’a dit qu’il ne me laisserait pas la faire tuer.

Moi j’avoue, j’avais peur que ma chienne souffre, j’avais peur d’une agonie qui les marque, eux aussi, à tout jamais. Égoïstement, je souhaitais que WonderDog nous quitte un jour d’école.

Début juillet (juste avant la photo qui illustre cet article), WonderDog s’est mis à tousser jour et nuit. Encore une fois j’ai fait mon oiseau de mauvaise augure. Je pensais que cette fois serait la « bonne » si j’ose dire, me souvenant de l’histoire du premier chien de mes parents, qui toussait aussi…

Le vétérinaire m’a dit qu’elle souffrait d’insuffisance cardiaque et m’a dit que d’ici la fin de l’année, le pire serait arrivé. Il nous restait quelques mois. J’ai pris le traitement, j’ai encore passé pour une menteuse aux yeux de mon aîné.

Mes derniers se sont impliqués très fortement pour lui donner ses médicaments. Mon grand souhaitait la faire jouer mais depuis mai, elle ne voulait plus jouer. Manger restait son seul réconfort.

28 juillet dans l’après-midi, premier jour de vacances des enfants avec moi : dans l’après-midi, WonderDog se lève difficilement pour aller au jardin. Je vois son arrière train flancher. Elle y va, difficilement mais elle revient. Je pars au salon, je l’entends se cogner au ventilateur tout proche. Je reviens la voir, je vois ses pattes former de drôles d’angle. J’ai compris d’un coup.

Dès ce moment là, elle n’a plus bougé. Les enfants ont compris, sans que je leur dise. Ils sont allés lui chercher à manger, à boire mais elle n’a rien pris.

C’est mon mari qui l’a emmené le lendemain chez le vétérinaire. Mes fils ont voulu à la prendre sur leurs genoux. Mon grand scrutait l’heure, redoutant l’heure de retour de son père. Le départ de WOnderDog s’est fait dans les pleurs. WOnderBoy voulait les accompagner, nous avons refusé et il s’est même interposé pour empêcher mon mari de l’emmener. L’emmener pour ne plus souffrir. L’emmener pour qu’elle reste digne, pour quitter une vie qui n’en était plus une.

« Maman a fait tuer son chien » a t il dit au voisin

Nous sommes restés à 4, la peine immense, dans la rue à regarder la voiture s’éloigner. Nous nous sommes rapprochés, serrés les uns contre les autres après la colère exprimée par mon aîné.

Mon mari est revenu peu près et m’a tendu sans un mot, le collier, la laisse et le carnet de santé de WonderDog. « Il faut la laisser partir » avait dit le véto…

Faire son deuil

Mon mari a dit à ma fille que WonderDog est partie dans les nuages. WonderGirl l’a cherché partout deux jours après « mais Maman, on ne vit pas dans les nuages, elle est descendu, elle se cache où ? ». A présent, elle me dit que la pluie, c’est WonderDog qui fait pipi…

WonderKid n’a plus versé une seule larme depuis mais m’a dit parfois qu’elle lui manque, il la dessine parfois, me dit qu’il est triste.

WonderBoy nous en veut, de l’avoir empêché d’aller chez le vétérinaire, d’avoir pris la décision de ne plus avoir d’autre animal et il m’en veut de l’avoir fait euthanasier. Il me lance des piques régulièrement, ce qui n’arrange pas ma peine. Car c’est moi qui la nourrissait, qui l’emmenait chez le véto, qui la sortait. Je lui ai dit qu’il avait le droit d’être triste, d’être en colère mais sa peine ressort encore et avive la mienne.

C’est moi qui, un beau jour de juin, avait poussé sa mère à racheter un autre chien car la douleur du départ d’un autre chien était trop forte. Je peux le comprendre.

Je m’en veux car je n’ai pas été une maîtresse aussi attentive que WonderDog aurait mérité, elle qui avait été rejeté il y a 6 ans par son ancienne maîtresse, du jour au lendemain. J’ai mal géré tout ça avec les enfants.

Je n’ose imaginer le jour où un proche nous quittera, la douleur immense des enfants à gérer quand je vois ce que ça a donné pour le décès de WonderDog, ça me serre le coeur rien que d’y penser.

Et toi comment as-tu géré le départ de tes animaux domestiques ?

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C’était ma participation à ma rubrique « les jeudis éducation ». Ils parlent éducation aussi : Papa Blogueur nous présente 7 vidéos d’éducation positive, Céline nous parle de la confiance, Vivi se demande pourquoi tant de pourquoi, Maman Mammouth parle de limiter les interdits, Isabelle nous parle du verre, Ellafay nous parle de la vie en rose de Trotro, Ange testeur nous parle de motricité, Tite pomme zen nous parle de l’autonomie chez les tout-petits, Valérie se demande si nos enfants sont plus sages que nous, des exercices ludiques pour enfants excités avant les devoirs