Source : Wat.tv

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Quand les Bisounours font la guerre tu ne vois rien arriver. Enfin si, quelques mois plus tôt, tu sens un éloignement mais Gros Câlin te rassure bien vite, c’est à son travail.

Pourtant c’est d’un seul coup que les hostilités sont déclarées, un jour de fête et tu ne comprends rien. Tu tentes de recoller les morceaux, dans l’intérêt de trois enfants qui risquent de perdre parrain et marraines…Tu tentes tout pour sauver cette amitié qui était si grande…20 ans pour ces messieurs, 10 ans pour ces dames, des heures de rigolade, de confidence et ce soutien qu’elle m’avait apporté au début de la maladie de ma mère.

 

A l’aube de mes 40 ans, je me dis que je ne suis vraiment pas douée en amitié. Oui il y a ma timidité naturelle mais j’ai su avoir le temps engager la conversation, j’ai eu quelques amies sur la longueur mais depuis la naissance de la miss, je les vois s’éloigner. Ça me chagrine un peu de voir que certaines femmes de mon âge ont des soirées filles, qu’elles savent qui appeler en cas de coup dur.

Ce n’est pas mon cas. Je n’ose plus me confier depuis cette guerre avec les Bisounours. J’ai perdu confiance dans le pouvoir de l’amitié.

 

Il reste encore deux parrains que l’on voit peu, même si, avec l’un des deux, il nous suffit de nous voir au bout de 6 mois pour papoter comme si on s’était quitté la veille. Un ami de presque 30 ans pour Monsieur qui est devenu la mien dès qu’on s’est rencontré.

Il nous reste la marraine de la miss avec qui je papote pas mal quand on se voit mais je n’arrive pas, je n’arrive plus à me confier. Je n’ose pas non plus me plaindre de mes petits maux, je suis tellement admirative de sa force de caractère, de son parcours.

 

Il y a très rarement mes témoins de mariage dont les routes se sont éloignées des miennes l’une parce qu’elle a ses propres amies, sa reprise d’études et sa famille avant tout et l’autre car nos vies sont si différentes. De deux mois mon aînée, ma copine de lycée n’a jamais fait sa vie…enfin si, une vie de célibataire attentive à ses parents…

 

Il y a ces amies et copinautes d’un forum qui fut cher à mon coeur mais fermé depuis quelques mois et avec qui j’ai tant partagé. Pour certaines il y a la distance que je voudrais abolir (Kaline ;-)), pour d’autres les chemins qui se sont éloignés.

 

Des envies, des rancoeurs, des déceptions sans doute, de part et d’autres… et quand on s’éloigne de moi, je m’accroche un temps puis je les laisse partir….

 

Chéri me disait il y a quelques années “on s’en fera d’autres” mais arrive-t-on encore à créer de belles amitiés en vieillissant ?

 

J’aurais tendance à dire non, en me penchant sur mon propre cas.

 

Pourtant ma mère a réussi à se faire une amie, durant sa maladie. Au tout début de son hospitalisation, mon mari avait contacté l’association St Vincent de Paul qui visite les personnes isolées et souffrantes. Une dame a commencé à la “visiter”. Ma mère a ensuite rejoint l’EHPAD où elle vit actuellement, cette dame a continué à venir la voir alors que c’était dans une autre ville. Au début, elle en profitait pour coupler la visite à ma mère avec la visite à d’autres personnes du même établissement. Finalement, cette dame a quitté l’association. Pourtant elle continue à venir voir ma mère. Elle lui offre de menus cadeaux lors de fêtes comme Noël, son anniversaire…

Bien sûr pour la gériatre qui s’occupe de ma mère, nouer une amitié dans l’état dans lequel se trouv(ait)e ma mère est formidable. Pour moi c’est un grand réconfort de me dire que chaque mercredi après-midi, une amie va la voir. En ce moment elles colorient des mandalas ensemble.

C’est aussi bien de se dire que même à 65 ans, on peut encore se faire des amies.

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C’était ma double participation aux lundis à deux d’Alice et Zaza et aux #53billetsen2015 pour Agoaye.