Source : Pixabay

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Apprendre à pardonner. Une vertu que nous souhaitons tous enseigner à nos mômes, souvent à grands coups de sermons, voire de punition quand ils ne savent pas pardonner, à leurs frères et soeurs, à nous ou en société. Pourtant il faut balayer devant notre porte. Sommes-nous tous « nickel chrome » avec le pardon ?

Moi ce n’est/n’était pas trop mon cas. J’ai un sale défaut : je suis rancunière. Depuis l’adolescence, j’ai accumulé des rancunes. Je me souviens encore de ma retraite, avant ma profession de foi, la confession où l’abbé m’avait écouté. Je lui en ai parlé bien sûr.

Je lutte contre ce défaut depuis. Bien sûr, la rancune permet aussi de rester vigilent face à ceux qui nous ont blessé. Je ne suis pas de celles qui vont mettre les points sur les i. Bêtement, je reste en retrait, je boude et je lâche les vannes face à mes proches (les pauvres !).

Pourtant depuis un an, je pense souvent à ceux que je ne voyais plus ou peu… j’ai tenté de renouer avec certains. Les amis sont pris par leurs vies et à force de toquer à leur porte virtuelle sans retour, je n’ose plus déranger. Il y a de la famille éloignée avec qui on se donne quelques nouvelles mais dur dur là encore de se voir, même avec les retraités.

En novembre dernier j’ai pardonné vraiment, à mon parrain. Il avait coupé les ponts peu après la naissance de WonderBoy, il ne répondais plus aux lettres, il avait changé ses numéros de téléphone… 9 ans sans nouvelles et ce 16 novembre dernier, il m’a appelé. Je l’ai reçu chez moi, avec  enthousiasme mais le pardon ne signifie pas « oubli ».  J’ai constaté qu’il n’avait pas changé et que ces défauts qui m’ont toujours agacée sont toujours là. J’ai fait bonne figure. On s’envoie des sms de temps à autre. Il déménage dans le Sud et la balle est désormais de son côté. Peut-être coupera-t-il les ponts encore, je m’y attends. Mais de mon côté, je suis en paix quand je pense à lui désormais.

Et puis il y a ma mère. Notre histoire, depuis 2008, est tourmentée. Elle m’a déjà dit des horreurs, sans doute sous l’effet des psychotropes. Je lui en ai longtemps voulu, je faisais mon devoir filial sans enthousiasme, entre dépit et amour filial blessé mais mon coeur se refusait à lui tourner complètement le dos. Les changements qu’elle connait depuis avril de l’an dernier m’ont permis également de m’apaiser. J’avais envie de lui donner une seconde chance. Je ne savais pas trop comment m’y prendre.

J’ai beaucoup lu, pour savoir ce qui pouvait se passer dans sa tête, pour établir une communication et puis l’évidence : j’ai fini par lui pardonner.

Dimanche, elle viendra à la maison. Peut-être que ça se passera bien, peut-être pas, on verra bien. Mais je serais en paix avec moi-même.

J’ai suivi mon coeur. Et je suis fière car ce changement prouvera à mes enfants que tout est possible.

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